Nos postulats
Une prévention en positif
La prévention se veut positive, c’est à dire qu’elle cherche davantage à motiver, à donner envie, qu’à empêcher, interdire ou faire peur. Les meilleurs programmes ne servent à rien s’ils ne répondent pas à cette question: qu’avons-nous à offrir en termes de solutions, de mieux-être, de joie de vivre, de sens à donner à la vie.
Ecouter et respecter
Dans la pratique, même si nous avons à disposition du matériel didactique bien élaboré, nous devons toujours nous dire que nous ne détenons pas la connaissance de ce qui est bon et juste pour les autres, et que nous avons donc d’abord à écouter et à respecter les motivations des gens à qui nous nous adressons. Leurs choix de comportement ne sont, a priori, pas aberrants: à nous de décoder leur sens et de proposer de meilleures solutions que les drogues.
Rechercher la cohérence
Si la prévention consiste le plus souvent en une action éducative dirigée vers la personne, elle n’en implique pas moins la prise en considération du contexte politique et social dans lequel le problème des consommations se pose. C’est dire que dans la pratique nous nous préoccupons beaucoup de rechercher la cohérence. Cohérence entre les paroles et les actes, entre les lois et les pratiques, entre les enjeux sanitaires et sociaux et les enjeux économiques. Nous devons être conscient qu’il est difficile de faire appel à la responsabilisation des gens, à leur capacité de trouver en eux des ressources pour gérer leur existence, alors que nous vivons dans une société de consommation qui n’arrête pas de faire de la publicité pour le bonheur à travers la consommation de produits!
Se méfier des illusions de la prévention
Même si ce postulat peut paraître paradoxal, il nous paraît important de mettre en garde contre les illusions de la prévention, d’une prévention qui réussirait à anticiper tous les risques et tous les comportements dommageables. L’obsession de la santé et l’obsession de la sécurité constituent aussi des dépendances. A cet égard, il ne faut pas oublier que la prévention absolue, c’est l’eugénisme!
Par conséquent, au-delà des instruments, des campagnes, des programmes, la prévention reste un exercice d’humilité, qui commence par une réflexion sur soi-même. Elle ne peut prétendre éviter toute rencontre entre une personne et des produits-drogues. Mais elle espère, si cette rencontre doit avoir lieu, que la personne concernée aura la capacité de la gérer au mieux, d’éviter une dérive vers la dépendance, et de développer une motivation à s’en sortir. Elle espère surtout avoir pu y contribuer.
