Consommation à risque
Niveau de risque
On établit généralement une distinction entre consommation à faible risque, consommation problématique et consommation addictive. On considère une consommation comme impliquant peu de risques lorsque la personne boit modérément et de façon adaptée à la situation. Des facteurs tels que l’âge, le sexe, la quantité d’alcool et le contexte de la consommation jouent un rôle important à cet égard.
La limite entre une consommation d’alcool raisonnable et une consommation risquée n’est pas facile à établir. Selon les critères de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une consommation journalière moyenne de plus de 20 grammes d’alcool pur pour les femmes et de plus de 40 grammes pour les hommes augmente significativement les risques pour la santé.
En ce qui concerne la consommation d’alcool problématique, on fait une différence entre:
- Consommation chronique à risque: Les valeurs limites se situent autour de 20 gr d’alcool pur par jour pour les femmes et de 40 gr pour les hommes, ce qui correspond respectivement à deux et quatre verres standard.
- Ivresse ponctuelle ou abus épisodique: Dans la recherche internationale en alcoologie, on parle d’«ivresse ponctuelle» lorsque des hommes boivent cinq verres standard ou plus et des femmes quatre verres ou plus par occasion.
- Consommation d’alcool inadaptée à la situation. Un tel mode de consommation intervient lorsque la consommation est inadaptée à certaines situations, c’est-à-dire qu’elle implique des risques (par ex. au travail, sur la route, pendant la grossesse, lors de la prise simultanée de médicaments, etc.).
Le passage d’une consommation problématique à la dépendance s’effectue imperceptiblement. La dépendance à l’alcool ne se définit pas par la quantité consommée, mais constitue une maladie diagnostiquée au moyen de critères déterminés définis internationalement.
Type de consommation
La grande majorité de la population suisse de 15 ans ou plus (95,5% en 2007) a une consommation qui représente un faible risque pour la santé ou est abstinente. Entre 1997 et 2007 la proportion de ces personnes a augmenté sensiblement (94,2% en 1997).
En Suisse, en 2007, 17% des personnes âgées de 15 ans ou plus ne consomment pas d’alcool. Chez les plus jeunes (15 – 24 ans), le taux d’abstinence (21%) est plus élevé que dans les catégories plus âgées. Seule exception, les personnes de plus de 74 ans: environ un quart de ces dernières ne consomme pas d’alcool. En Suisse latine, surtout au Tessin, la part des abstinents est plus élevée qu’en Suisse alémanique.
Les proportions d’hommes et de femmes qui en 2007 ont une consommation d’alcool à risque moyen - c’est-à-dire 20 à 40 grammes par jour en moyenne pour les femmes et 40 à 60 grammes pour les hommes - sont plus ou moins similaires. En même temps, l’évolution dans le temps montre que la proportion d’hommes ayant une consommation à risque moyen est en diminution, tandis que chez les femmes cette proportion reste assez stable.
Ce sont avant tout les hommes qui ont une consommation d’alcool à risque élevé: la proportion des hommes qui consomment en moyenne plus de 60 grammes d’alcool pur par jour est deux fois plus grande que celle des femmes (quotidiennement plus de 40 grammes d’alcool pur). Toutefois, entre les années 1997 et 2007, la part des hommes ayant une consommation à risque élevé est en légère baisse, ce qui n’est pas le cas pour les femmes.
Entre les années 1997 et 2007, une baisse de la consommation à risque moyen et à risque élevé s’est dessinée pour toutes les tranches d’âge, à l’exception de la catégorie des 15 à 24 ans, ou la proportion des consommateurs et consommatrices à risque élevé a légèrement augmenté par rapport aux deux enquêtes précédentes.
Source: (ISPA) 2009. Enquête suisse sur la santé des différentes années.



Répartition des modes de consommation
Près de 80% de la population âgée de 15 à 74 ans vivant en Suisse ont une consommation d'alcool présentant un risque faible.
En chiffres, ce sont:
1 103 000 personnes qui ne boivent pas ou pratiquement pas d’alcool
3 398 000 personnes qui ont une consommation à faible risque
105 000 personnes qui ont une consommation chronique à risque
782 000 personnes qui ont une consommation excessive ponctuelle
155 000 personnes qui cumulent les deux risques, soit une consommation chronique à risque, avec des excès ponctuels
Source: Wicki & Gmel (2005). Rauschtrinken und chronisch risikoreicher Konsum. Konsistente Schätzung der Risikoverteilung in der Schweiz aufgrund verschiedener Umfragen seit 1997.





